L'eau et l'IA : ce que disent vraiment les chiffres
Combien d'eau consomment réellement les datacenters et les usines de puces qui font tourner l'intelligence artificielle ? 60 affirmations chiffrées ont été vérifiées une à une à la source : rapports environnementaux officiels, AIE, LBNL, FAO, Arcep, études à comité de lecture, presse de référence.
1.L'essentiel en six points
- L'eau n'est jamais détruite, mais « consommée » veut dire évaporée hors du bassin local. La distinction clé est prélèvement (eau puisée puis restituée) contre consommation (eau évaporée). L'écart est massif : en France, le refroidissement des centrales électriques prélève 13,1 milliards de m³ par an mais n'en consomme que 0,4 (97 % restitués).
- Par requête, tout dépend du périmètre. Les opérateurs annoncent 0,26 mL (Google Gemini) à 0,32 mL (ChatGPT) en ne comptant que l'eau du site ; les études indépendantes qui incluent l'eau de l'électricité arrivent à 10 à 50 mL. Les deux familles de chiffres sont « vraies », mais ne mesurent pas la même chose.
- Le global est petit, le local peut être énorme. Les datacenters représentent environ 0,03 à 0,08 % de la consommation mondiale d'eau douce, mais à The Dalles (Oregon), Google absorbe environ 40 % de l'eau de la ville en 2025, et deux tiers des projets américains se construisent en zone de sécheresse.
- La croissance est réelle et rapide. Google : +34 % d'eau consommée en 2025 (41,1 millions de m³). Électricité des datacenters : +17 % en 2025 selon l'AIE, et l'eau suit. Projection AIE : un doublement de la consommation d'eau mondiale des datacenters entre 2023 et 2030.
- L'efficacité progresse vite aussi. Microsoft est passé d'environ 2,3 L/kWh dans les années 2000 à 0,27 L/kWh (FY2025), AWS affiche 0,12 L/kWh, et les designs « zéro eau » en boucle fermée (Microsoft, Oracle) se généralisent. La France est un cas à part : 575 000 m³ prélevés par an, soit moins de 1 % de l'eau directe des seuls datacenters américains.
- La fabrication des puces pèse plus que le refroidissement, et la transparence recule. TSMC a prélevé 151 millions de m³ en 2025, plus de deux fois l'eau directe de tous les datacenters américains. Pendant ce temps, une clause de confidentialité obtenue par lobbying dans le droit européen garde les données site par site hors d'accès public.
2.Quatre notions pour lire les chiffres
Prélèvement vs consommation
Prélever : puiser de l'eau, puis la restituer au milieu (plus chaude). Consommer : l'évaporer, elle quitte le bassin local. Un chiffre sans cette précision est ininterprétable ; l'écart va de 1,5x (hyperscalers) à 30x (centrales en circuit ouvert).
Eau directe vs indirecte
Directe : le refroidissement du site. Indirecte : l'eau évaporée par les centrales qui produisent son électricité. Aux États-Unis, l'indirecte pèse environ 12 fois la directe. Les chiffres « par requête » des opérateurs excluent l'indirecte.
Eau verte, bleue, grise
Verte : la pluie stockée dans les sols. Bleue : rivières et nappes, la seule que consomment les datacenters. Grise : volume théorique de dilution des polluants. Comparer l'IA au bœuf sans cette distinction est trompeur : l'empreinte du bœuf est à 93,5 % de l'eau verte.
WUE (L/kWh)
Water Usage Effectiveness : litres consommés par kWh informatique. De quasi 0 (boucle fermée, air) à environ 2 (tour évaporative). Attention : base consommation chez Google, prélèvement chez d'autres, catégories ISO différentes ; les comparaisons brutes entre acteurs sont fragiles.
3.Le refroidissement, physiquement
Un datacenter évacue en continu la chaleur de ses serveurs. Deux grandes familles : les circuits qui restituent l'eau liquide localement (prélèvement élevé, consommation quasi nulle, exemple type : l'eau de mer à Hamina), et le refroidissement évaporatif où c'est l'évaporation elle-même qui refroidit : cette eau-là part en vapeur et « sort » du bassin. Elle retombera en pluie ailleurs, en moyenne 8 à 10 jours plus tard, souvent au-dessus des océans. S'y ajoutent les architectures sobres : dry cooling, free cooling, et les boucles fermées liquides des GPU récents, remplies une seule fois.
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Part évaporée dans une tour de refroidissement | nuancé | 75 à 83 % de l'eau d'appoint évaporée pour un taux de concentration (COC) de 4 à 6, courant dans un datacenter bien géré ; 50 à 67 % seulement à COC 2-3.Aucun chiffre universel : le ratio évaporation/purge dépend du COC choisi par l'exploitant. | US DOE, FEMP |
| 2 | Fourchette de WUE | corrigé | Quasi 0 L/kWh (sec, boucle fermée) à 1,8-2 L/kWh en moyenne pour l'évaporatif ; plafond des pires cas relevé à 4,0 L/kWh.Le « 9 L/kWh » parfois cité confond WUE de site et eau indirecte de l'électricité (2,18 à 4,4 L/kWh aux USA). | arXiv, 06/2026 · Lei & Masanet, 2022 |
| 5 | Temps de résidence de la vapeur d'eau | confirmé | 8 à 10 jours en moyenne mondiale, souvent arrondi à 9 jours. | HESS (EGU), 2017 |
4.Les opérateurs en chiffres (2024-2026)
Les quatre hyperscalers publient désormais leurs données eau, à des périmètres hélas différents. Le fait marquant de l'été 2026 : Microsoft annonce avoir atteint son objectif « water positive » avec cinq ans d'avance (107 % de l'eau prélevée reconstituée en FY2025, données revues par Deloitte), pendant que la consommation de Google bondit de 34 % sur un an, portée par l'IA.
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 3 | WUE moyen Google | nuancé | 1,15 L/kWh (2023 et 2024, dernier chiffre officiel), calculé en net (consommation).Non comparable brut à Microsoft (base prélèvement) : recalculé sur base prélèvement, l'équivalent serait d'environ 1,44 L/kWh. | Google, 08/2025 |
| 4 | WUE moyen Microsoft | corrigé | 0,27 L/kWh en FY2025. Trajectoire : ~2,3 (années 2000) puis 0,49 (2021) puis 0,30 (FY2024) puis 0,27, soit environ -90 %.Le « 0,49 L/kWh » encore souvent cité date de 2021 et est périmé. | Microsoft, 06/2026 |
| 6 | Eau d'un grand campus hyperscale | nuancé | 1 à 5 millions de m³/an confirmé par les données site par site 2025 (The Dalles : 1,77 M m³ ; Council Bluffs : 5,1 M m³).L'équivalent-population souvent cité (30 à 80 000 habitants) n'est pas standardisé ; la presse américaine retient plutôt 10 à 50 000. | Google, données par site, 2026 |
| 7 | Consommation d'eau Google 2023-2025 | nuancé | 2023 : 24,2 M m³ ; 2024 : 30,7 M m³ ; 2025 : 41,1 M m³ (+34 %).Le rapport 2026 publie aussi un périmètre « eau douce » plus étroit (37,5 M m³, reconstitution 78 %) : deux métriques exactes, périmètres différents. | Google 2026 Environmental Report · Axios, 06/2026 |
| 8 | Consommation d'eau Microsoft | nuancé | FY2025 (audité Deloitte) : 13,27 M m³ prélevés, 8,17 M m³ consommés, plus de 14,2 M m³ reconstitués (107 %).Changement de méthode en FY2024 avec retraitement rétroactif (FY2023 : 7,84 devient 5,82 M m³) : les éditions successives ne sont pas directement comparables. | Microsoft Data Fact Sheet, 07/2026 |
| 9 | Consommation d'eau Meta | confirmé | 2024 (dernier exercice publié) : 5,64 M m³ prélevés (dont 4,15 pour les datacenters), 3,12 M m³ consommés, WUE 0,19 L/kWh, restauration ~193 %.Seul hyperscaler à chiffrer son eau indirecte (72 207 ML en 2024). | Meta, revu E&Y, 09/2025 |
| 10 | Consommation d'eau Amazon/AWS | corrigé | 2025 : 9,46 M m³ prélevés (première divulgation absolue) ; WUE 0,12 L/kWh, 7 fois mieux que la moyenne sectorielle (0,84), -52 % depuis 2021.Objectif water positive 2030 atteint à 75 % en 2025 ; 120 % déjà atteints en Inde. | Amazon, 06/2026 |
| 11 | Design « zéro eau » de Microsoft | nuancé | Boucle fermée direct-to-chip remplie une seule fois, standard de tous les nouveaux designs depuis août 2024 (et non « à partir de 2026 ») ; plus de 125 M litres économisés par an et par datacenter.Premiers sites 100 % « zéro évaporation » pleinement opérationnels attendus fin 2027 (pilotes à Phoenix et Mount Pleasant). | Microsoft, 12/2024 |
| 12 | Engagements « water positive » 2030 | confirmé | Microsoft (2020, atteint en FY2025 : 107 %) ; Google (120 % visés, 78 % en 2025) ; Meta (200 %/100 % selon stress local, ~193 % en 2024) ; Amazon (2022, 75 % en 2025).Les périmètres diffèrent (consommation vs prélèvement, mondial vs régional) : comparaison directe trompeuse. | Microsoft, 2020 · Google, 06/2026 |
| 13 | Critique des « water positive » | confirmé | Un portefeuille mondial de projets de restauration ne compense pas l'impact local du prélèvement dans le bassin concerné.« It is like a giant soda straw sucking water out of that basin » (Peter Colohan, Internet of Water). | Lincoln Institute, 10/2025 |
5.Combien d'eau pour une requête ?
C'est la bataille de chiffres la plus médiatisée, et elle se résume à une question de périmètre. Les opérateurs (Google, OpenAI) publient l'eau du site seul : quelques dixièmes de millilitre. Les études indépendantes (UC Riverside, Mistral avec l'AFNOR) ajoutent l'eau indirecte de l'électricité : dix à cinquante fois plus. Aucun de ces chiffres n'est faux ; les additionner ou les opposer sans préciser le périmètre l'est.
Et le burger, alors ? Le comparateur favori des débats (« une requête = x millièmes de burger ») est piégeux : l'empreinte du bœuf (15 400 L/kg) est à 93,5 % de l'eau verte, c'est-à-dire de la pluie tombée sur des pâturages, qui ne concurrence ni un robinet ni une nappe. Les datacenters, eux, consomment quasi exclusivement de l'eau bleue (rivières, nappes, réseau). À périmètre honnête (eau bleue contre eau bleue), le burger pèse environ 900 L : toujours des ordres de grandeur au-dessus d'une requête, mais 2,5 fois moins que le chiffre brut. Même prudence pour le jean : le « 7 500 à 8 000 L » médiatique ne correspond à aucune étude identifiée (les valeurs sourcées sont ~10 850 L en moyenne mondiale générique, ou ~3 800 L en analyse de cycle de vie d'un produit réel).
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 14 | OpenAI : 0,32 mL par requête | nuancé | 0,000085 gallon (0,32 mL) et 0,34 Wh par requête moyenne : citation exacte, mais publiée sur le blog personnel de Sam Altman, sans méthodologie ni périmètre.Des estimations indépendantes donnent 4 à plus de 100 fois plus selon le périmètre. | Altman, 06/2025 |
| 15 | Ren et al. : 500 mL pour 10 à 50 réponses | confirmé | 500 mL d'eau (directe + indirecte) pour 10 à 50 réponses GPT-3 de longueur moyenne, selon lieu et saison ; soit 10 à 50 mL par réponse. | arXiv v5, 03/2025 · Comm. of the ACM, 07/2025 |
| 16 | Entraînement de GPT-3 : 700 000 L | nuancé | 700 000 L d'eau directe évaporée (datacenters US de Microsoft) ; mais 5,4 millions de litres au total avec l'eau indirecte (jusqu'à 15,3 M L selon l'État).Cité seul, le 700 000 L sous-estime l'empreinte totale d'un facteur 7 à 8. | Ren et al., v5 |
| 17 | Google : 0,26 mL par requête Gemini | nuancé | 0,26 mL et 0,24 Wh par requête texte médiane (Gemini Apps), méthode « comprehensive » de Google, mais périmètre WUE site uniquement.Critiqué (S. Ren, A. de Vries-Gao) pour l'exclusion de l'eau indirecte, qui rend la comparaison avec les études antérieures trompeuse. | Google Cloud, 08/2025 · Neowin, 08/2025 |
| 18 | Mistral : 45 mL par réponse | confirmé | 45 mL d'eau par réponse de 400 tokens (Mistral Large 2), ACV selon ISO 14040/44 avec l'AFNOR ; 281 000 m³ cumulés sur 18 mois. | Mistral AI, 07/2025 · The Register |
| 19 | Autres études 2024-2026 | nuancé | Jegham et al. (30 modèles benchmarkés, 2025) ; de Vries-Gao : 312 à 765 milliards de litres consommés par l'IA dans le monde en 2025 ; Privette et al. (AGU, 2026) : déficit de transparence documenté. | arXiv, 05/2025 · AGU Advances, 2026 |
| 44 | Empreinte eau du bœuf | confirmé | 15 400 L/kg (moyenne mondiale), dont 93,5 % d'eau verte, 3,6 % bleue, 2,9 % grise. | Mekonnen & Hoekstra, 2012 |
| 45 | Empreinte eau d'un burger | confirmé | 2 300 à 2 500 L pour un steak de 150 g (dérivé du 15 400 L/kg) ; environ 900 L en eau bleue seule. | SemiAnalysis, 01/2026 |
| 46 | Empreinte eau d'un jean | corrigé | Deux valeurs sourcées, non substituables : ~10 850 L (Chapagain et al. 2006, moyenne générique) ou ~3 800 L (ACV Levi Strauss 2015). Le « 7 500-8 000 L » médiatique n'est étayé par aucune étude identifiée. | Chapagain et al., 2006 · Levi Strauss, 2015 |
| 47 | Débit d'une douche | confirmé | 8 à 10 L/min pour une douchette économe ; environ 20 L/min pour une douche standard classique. | CIEAU |
| 48 | Mise en garde eau verte vs bleue | confirmé | L'IA consomme surtout de l'eau bleue, l'agriculture surtout de l'eau verte : les comparaisons brutes en litres, fréquentes dans la presse, sont trompeuses sans cette distinction. | ACM (Li, Yang, Islam, Ren), 2025 |
6.Là où ça frotte : les cas locaux
Le vrai sujet de l'eau des datacenters n'est ni global ni moyen : il est local. Un campus qui consomme 1 à 5 millions de m³ par an dans un bassin déjà tendu change l'équation pour tout le monde. Cas d'école : The Dalles (Oregon), où la part de Google dans la consommation d'eau municipale ne cesse de monter, et dont le litige de 2022 a rendu publiques les données de tout le secteur.
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 20 | The Dalles : part de l'eau municipale | corrigé | 2012 : 12 % ; 2020 : 29 % ; 2021 : plus de 25 % (274,5 M gallons) ; 2024 : ~33 % ; 2025 : ~40 % (550 M gallons).Le « 29 % en 2021 » circulant dans la presse mélange deux années ; deux séries (municipale et Google) coexistent sans réconciliation publique. | The Register, 12/2022 · Latitude Media, 06/2026 |
| 21 | Litige de transparence The Dalles | confirmé | Après 13 mois de procédure contre le journal The Oregonian, la ville a publié en décembre 2022 les données 2012-2021 ; Google a ensuite levé la confidentialité de ses données eau site par site aux États-Unis. | RCFP, 12/2022 |
| 22 | Uruguay : projet Google contesté | confirmé | Le projet initial prévoyait jusqu'à 7,6 M litres d'eau potable par jour, contesté pendant la sécheresse historique de 2023 ; basculé en novembre 2023 vers un refroidissement à air, construction lancée en août 2024, livraison visée en 2026. | Developing Telecoms, 11/2023 · El Observador |
| 23 | Hamina (Finlande) : eau de mer | confirmé | Datacenter Google installé dans une ancienne papeterie, refroidi à l'eau de mer depuis 2011, en circuit non consommatif : l'eau est restituée en mer, quelques degrés plus chaude. | Google Datacenters |
| 24 | Querétaro (Mexique) | nuancé | 10 à 12 Md$ investis (Microsoft, Google, AWS) ; concession Microsoft de 25 M litres/an, soit 24 % de l'eau publique de la commune de Colón ; aquifère local en déficit de 56,8 Md litres/an.Le nombre exact de datacenters (12 à 20+) varie selon les sources : pas de suivi agrégé officiel. | Context (Thomson Reuters), 09/2024 · Mexico Business News, 06/2026 |
| 25 | Aragón (Espagne) | nuancé | Droits d'eau demandés : plus de 815 000 m³/an (Amazon, 4 sites), 3 975 m³/an (Microsoft, circuit fermé) ; consommation réelle Amazon 2025 : ~68 000 m³.Le vrai enjeu est indirect : ~21 600 GWh/an d'électricité prévus, soit près du double de la consommation de toute la région en 2024. | elDiario.es, 11/2025 |
| 26 | Memphis : xAI Colossus | nuancé | Pointe réelle mesurée : 381 000 gallons/jour, loin des projections de 3 à 13 M gallons/jour ; l'usine de recyclage d'eaux usées (80 M$) est en pause depuis avril 2026, reprise promise d'ici début 2027. | Governing, 03/2026 · Action News 5, 06/2026 |
| 27 | Irlande : consommation et opacité | nuancé | ~810 mégalitres/an, soit 0,13 % de l'approvisionnement national ; 93 % des datacenters dans la grande région de Dublin.Les données site par site restent confidentielles au titre du règlement UE 2024/1364 (voir section 11). | TheJournal.ie / Investigate Europe, 04/2026 |
| 28 | Stargate Abilene (OpenAI, Texas) | nuancé | Refroidissement en circuit fermé : 8 M gallons de remplissage initial par bâtiment, usage annuel estimé à une demi-journée de la consommation municipale d'Abilene.Contexte texan incertain : deux estimations d'ensemble concurrentes (25 vs 49 Md gallons en 2025) coexistent. | Texas Tribune, 09/2025 |
7.La vue macro
À l'échelle mondiale, l'eau des datacenters reste marginale face à l'agriculture (72 % des prélèvements mondiaux). Mais deux angles morts dominent le débat : l'eau indirecte de l'électricité, environ douze fois l'eau directe aux États-Unis, et la confusion permanente entre prélèvement et consommation qui explique l'essentiel des écarts entre estimations (de 560 milliards de litres pour l'AIE à 9 300 milliards pour l'université des Nations unies).
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 29 | AIE : électricité des datacenters | confirmé | 415 TWh en 2024 (1,5 % du total mondial) ; 485 TWh atteints en 2025 (+17 %) ; projection 2030 : ~950 TWh (~3 %). | AIE, Energy and AI, 04/2025 · AIE, 04/2026 |
| 30 | AIE : eau mondiale des datacenters | nuancé | 560 milliards de litres consommés en 2023, ~1 200 milliards projetés en 2030 : à traiter comme fourchette basse.Incohérent avec les données LBNL (866 Md L pour les seuls États-Unis en 2023, directe + indirecte) : une fourchette mondiale prudente irait de 560 à ~1 900 Md L. | AIE, encadré 5.4 |
| 31 | LBNL : eau des datacenters US 2023 | confirmé | Directe : 66 Md L. Indirecte (176 TWh d'électricité) : ~800 Md L (4,52 L/kWh). Total : ~866 Md L. | LBNL pour le DOE, 12/2024 |
| 32 | LBNL : projections 2028 | nuancé | 60 à 124 Md L/an, mais pour la seule eau directe des datacenters hyperscale.La mise à jour LBNL de juin 2026 relève fortement les projections électriques (649 TWh en 2030) sans nouvelle donnée eau. | LBNL, 2025 Update, 06/2026 |
| 33 | Part de l'agriculture dans les prélèvements | nuancé | 72 % en 2022 (donnée la plus récente), et non 69-70 % ; industrie 15 %, usages municipaux 13 %. | FAO AQUASTAT, 2025 |
| 34 | Prélèvements mondiaux d'eau douce | nuancé | 3 855 milliards de m³ en 2022 (quasi stable depuis 2015), plus précis que l'arrondi usuel « environ 4 000 km³ ». | FAO AQUASTAT, 2025 |
| 35 | Part des datacenters dans l'eau mondiale | nuancé | Environ 0,03 à 0,08 % de la consommation mondiale d'eau douce (à périmètres comparables), soit un rapport de l'ordre de 1 à plusieurs milliers face à l'agriculture. | AIE · FAO |
| 36 | Estimations hautes (ONU, académiques) | nuancé | ONU-INWEH : 9 300 Md L d'ici 2030 ; Li & Ren : 4,2 à 6,6 Md m³ liés à l'IA dès 2027. Ces chiffres mesurent le prélèvement, l'AIE la consommation : jamais les comparer côte à côte sans le préciser. | UNU-INWEH, 06/2026 |
8.Le cas français
La France est une exception documentée : climat tempéré, refroidissement à air dominant, et un mix électrique dont l'eau est massivement restituée. Les quelque 160 datacenters répondant à l'enquête Arcep ont prélevé 575 000 m³ en 2024 : moins de 1 % de l'eau directe des seuls datacenters américains, et l'équivalent de la consommation domestique d'une ville d'environ 10 000 habitants. Le débat français porte moins sur les volumes actuels que sur la trajectoire (campus IA géants) et la transparence.
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 37 | Prélèvement des datacenters français | confirmé | 575 000 m³ en 2024 (23 opérateurs, ~160 centres), en baisse de 15,6 % vs 2023, quasi exclusivement de l'eau potable.Les évolutions Arcep sont calculées à périmètre constant, différent des volumes bruts d'une édition à l'autre. | Arcep, 05/2026 |
| 38 | WUE moyen national | corrigé | Aucun WUE national agrégé n'est publié par l'Arcep ou l'ADEME ; seules des données volontaires d'opérateurs existent (Scaleway : 0,222 L/kWh en 2024). | France Info, 05/2026 |
| 39 | Méga-projets du sommet IA de Paris | confirmé | Fluidstack (Bosquel, 1 GW, ~10 Md$) abandonné (révélé en mars 2026) ; Campus IA de Fouju (77) : 1,4 GW visés, extension nationale à 3 GW annoncée en juin 2026, engagement « zéro pompage » dans la nappe de Champigny et dry cooling. | L'Usine Nouvelle, 03/2026 · Enlarge your Paris, 05/2026 |
| 40 | Travaux parlementaires 2026 | confirmé | Rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale adopté le 8 juillet 2026 (~15 GW installables sous 5 ans, soutien gouvernemental jugé « effréné ») ; proposition de loi sénatoriale adoptée en version allégée le 25 mars 2026, taxe sur l'eau rejetée en commission. | Assemblée nationale, 07/2026 · Banque des Territoires, 03/2026 |
| 41 | Eau du refroidissement électrique français | confirmé | 13,1 Md m³ prélevés en 2023 (45 % des prélèvements nationaux), 0,4 Md m³ consommés (~97 % restitués).Circuit ouvert : ~1 % du débit évaporé ; circuit fermé avec aéroréfrigérants : environ un tiers de l'eau prélevée évaporée. | SDES, 03/2026 |
| 42 | Marseille : river cooling | confirmé | Opérationnel depuis novembre 2021 sur MRS2/MRS3 (Digital Realty, 15 M€) : eau à 15 °C d'une ancienne galerie minière, 18 400 MWh/an économisés ; MRS5 doit s'y raccorder. | ChannelNews, 11/2021 |
| 43 | Datacenters et arrêtés sécheresse | non tranché | Aucun cas documenté de datacenter français concrètement restreint par un arrêté sécheresse, alors que 206 arrêtés couvraient 99 départements au 15 juillet 2026 (dont 43 en crise). | Selectra, 07/2026 |
9.La fabrication des puces
L'eau la plus intense de la chaîne IA n'est pas dans les datacenters mais dans les fabs. Chaque wafer subit des centaines d'étapes séparées par des rinçages à l'eau ultrapure : une eau réduite à ses seules molécules H2O (résistivité 18,2 MΩ·cm, impuretés organiques au milliardième). TSMC a prélevé 151 millions de m³ en 2025, soit environ 414 000 m³ par jour : plus de deux fois l'eau directe annuelle de tous les datacenters américains réunis.
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 49 | Eau ultrapure : spécifications | nuancé | Résistivité supérieure à 18,2 MΩ·cm, carbone organique total inférieur à 1 ppb (norme SEMI F63), 0,5 ppb pour les nœuds 3/2 nm ; 1,25 à 1,6 L d'eau brute par litre d'UPW produit (pertes d'osmose inverse de 20 à 25 %). | AXEON Water |
| 50 | TSMC : prélèvement total | corrigé | 151 M m³ en 2025 (413 700 m³/jour en moyenne), 129 M m³ en 2024 : au-dessus de la fourchette « 200 à 300 000 m³/jour » encore citée. | TSMC Annual Report 2025, ch. 7 |
| 51 | TSMC : recyclage de l'eau | nuancé | Le « plus de 85 % » de recyclage process correspond aux années passées ; le rapport 2025 met en avant un « water positive achievement rate » de 21 % et 18 % de remplacement par eau recyclée externe à Taïwan. | TSMC, 2026 |
| 52 | Eau par wafer 300 mm | confirmé | Ordre de grandeur 5 à 10 m³ confirmé : 7,26 m³ par wafer selon S&P Global (2024) ; TSMC publie 153,3 L par couche de masque équivalent 12 pouces (2025). | National Technology / S&P Global |
| 53 | « TSMC fait 90 % des puces avancées » | nuancé | Simplification médiatique : 64 % de la capacité mondiale en logique avancée, 12 % du silicium avancé au sens large (mémoire incluse), 70 à 72 % du chiffre d'affaires mondial de la fonderie (T4 2025-T1 2026). | SemiWiki/TechInsights, 2024 · TrendForce, 06/2026 |
| 54 | TSMC Arizona : recyclage | confirmé | Usine de recyclage (IRWP) en construction depuis l'été 2025 : 85 % de recyclage au démarrage puis plus de 90 %, « near zero liquid discharge », mise en service 2028 ; besoin de la première fab ramené de 4,75 à moins de 1,2 M gallons/jour. | Arizona Tech Council, 08/2025 |
| 55 | Dies de H100 par wafer | nuancé | 63 à 72 dies bruts par wafer 300 mm selon la méthode de calcul (die de ~814 mm²) ; le rendement net rapporté (non officiel) serait d'environ 28 dies fonctionnels. | AnySilicon |
| 56 | Temps de cycle d'un wafer avancé | confirmé | 11 à 20 semaines (2,5 à 4,6 mois) selon la complexité du nœud : convergence de plusieurs sources industrielles. | PlutoSemi |
10.Taïwan 2021, le stress test
L'épisode fondateur du sujet « eau et puces » est intégralement confirmé, avec deux corrections de détail. En 2020, aucun typhon ne touche Taïwan (une première depuis 1964) ; au printemps 2021, les réservoirs clés tombent sous 10 %, l'île coupe l'irrigation de 74 000 hectares de rizières et rationne plus d'un million de foyers pour protéger ses fabs, qui subissent tout de même des réductions de quota de 13 à 17 % ; les fameux camions-citernes de TSMC n'ont couvert qu'environ 2 % des besoins du parc scientifique du sud. La leçon a porté : usines d'eau recyclée et pipeline inter-bassins, achevé... en juin 2026, quelques mois après un nouvel épisode sec (réservoir Zengwen à 9,4 % début juin 2026).
| N° | Affirmation vérifiée | Verdict | Valeur retenue | Sources |
|---|---|---|---|---|
| 57 | Sécheresse historique 2021 | confirmé | Aucun typhon en 2020 (première fois depuis 1964) ; pire sécheresse en 56 ans ; réservoirs sous 5 à 10 % au printemps 2021 (Zengwen 6 à 10,7 %, Deji 4,2 %, Baihe à sec). | USDA FAS, 06/2021 |
| 58 | Rationnement agricole et domestique | confirmé | 74 000 ha de rizières privés d'irrigation (indemnisation 82 à 93 000 NT$/ha) ; « feu rouge » à Taichung et Miaoli dès le 6 avril 2021 : coupures 2 jours/semaine pour plus d'un million de foyers, levées le 6 juin 2021. | USDA FAS, 06/2021 |
| 59 | Restrictions imposées aux fabs | corrigé | Réductions de 13 à 17 % selon la zone et le stade de la crise (et non 7 à 15 %) ; les camions-citernes de TSMC et UMC couvraient environ 2 % de la consommation quotidienne du Southern Taiwan Science Park. | AmCham Taiwan, 05/2021 · Reuters, 05/2021 |
| 60 | Mesures structurelles et rechute 2025-2026 | nuancé | Usine de recyclage TSMC du parc sud : 67 000 t/jour (objectif plus de 100 000 en 2027) ; pipeline inter-bassins achevé en juin 2026 seulement.Nouvel épisode sec hiver 2025-2026 (Zengwen à 9,4 % début juin), résorbé par la mousson de juin-juillet 2026. | DIGITIMES, 09/2025 · Taipei Times, 06/2026 |
11.Ce qui a changé en 2025-2026
Douze mois de données fraîches redessinent le paysage : les volumes montent, l'efficacité unitaire aussi, et le front se déplace vers la transparence.
- Tous les grands acteurs ont publié leurs chiffres 2025 entre avril et juillet 2026 (Google, Microsoft, Amazon, Equinix : 4,6 Md L consommés, WUE 0,91 ; Digital Realty : WUE 0,59, -15,7 %), sauf Meta, en retard d'un cycle. OVHcloud affiche un WUE groupe audité de 0,34 L/kWh (le « moins de 0,2 » de sa communication ne vaut que pour certains sites), Scaleway 0,222 L/kWh, et Oracle annonce un refroidissement en boucle fermée rendant l'usage d'eau communautaire « effectivement nul » sur ses datacenters IA, avec -53 % d'eau potable déjà atteints en FY25.
- AIE, avril 2026 : la demande électrique des datacenters a bondi de 17 % en 2025 (+50 % pour les datacenters dédiés IA) ; les capex des cinq plus grandes tech ont dépassé 400 Md$ en 2025.
- Le débat scientifique se durcit sur l'eau indirecte : PLOS Water (01/2026) chiffre l'eau indirecte américaine à environ 12 fois l'eau directe et documente l'incohérence des périmètres entre AIE et LBNL ; AGU Advances (2026) formalise le déficit de transparence des hyperscalers ; le Washington Post (06/2026) enquête sur l'opacité (son chiffre de « 720 Md gallons d'ici 2028 pour l'IA seule » est à prendre avec une forte réserve, incohérent d'un facteur ~10 avec les sources mieux étayées).
- Projections longues : Xylem et Global Water Intelligence (01/2026) projettent +129 % de demande d'eau liée à l'IA d'ici 2050, dont 54 % via la production d'électricité, 42 % via la fabrication de semi-conducteurs et 4 % seulement via les datacenters eux-mêmes ; environ 40 % des datacenters existants sont déjà en zone de fort stress hydrique. Ceres (09/2025) projette pour la seule région de Phoenix +400 % d'eau indirecte et +870 % d'eau directe. Selon Guardian/SourceMaterial, environ deux tiers des 809 projets américains recensés se situent en zone de sécheresse, avec une demande directe qui passerait de 17 à 73 Md gallons entre 2023 et 2028.
- Transparence : la bataille européenne. Une clause de confidentialité reprise quasi mot pour mot d'une contribution de Microsoft et du lobby DigitalEurope dans le règlement délégué (UE) 2024/1364 maintient les données site par site hors d'accès public (révélation Investigate Europe, 04/2026) ; 35 eurodéputés ont demandé sa suppression en mai 2026, sans réforme actée à ce jour. Le système européen de notation PUE/WUE des datacenters, attendu au T2 2026, reste au stade de projet début juillet.
- Les méga-projets restent largement opaques sur l'eau : rien de publié pour Stargate UAE (1 à 5 GW), Humain (Arabie saoudite) ou Neom-DataVolt, malgré une communication détaillée sur la puissance. À l'inverse, quelques designs récents documentent une sobriété réelle : Stargate Abilene (circuit fermé, 8 M gallons de remplissage par bâtiment), Project Rainier d'AWS et Anthropic dans l'Indiana (zéro eau de refroidissement d'octobre à mars, quelques heures par jour en été ; pas de donnée eau propre à Claude publiée à ce jour), Meta en Louisiane (extension à 5 GW annoncée le 13 juillet 2026, consommation projetée de 500 à 600 M gallons/an, très en deçà du permis de 23 M gallons/jour).
- Côté fabs américaines : Samsung Taylor (Texas) vise une mise en service fin 2026 avec un pipeline d'eau dédié et 75 % de réutilisation ; Micron annonce jusqu'à 48 M gallons/jour à terme pour son site de Clay (New York), alimenté depuis le lac Ontario.
12.Méthode et limites
Ce rapport a été produit le 17 juillet 2026 par une chaîne de recherche multi-agents pilotée par Claude (Anthropic) : 10 agents de recherche thématiques (rapports environnementaux, études académiques, presse de référence, données publiques), puis, pour chaque groupe de résultats, deux vérificateurs adversariaux indépendants (fidélité aux sources : la source citée dit-elle exactement cela ; fraîcheur et cohérence : existe-t-il plus récent, les unités et périmètres sont-ils corrects), un arbitrage des points contestés, une passe de complétude et une consolidation finale. Au total : 46 agents, environ 2 400 requêtes de recherche et de lecture de sources. Chaque affirmation reçoit un verdict : confirmé nuancé (exact mais périmètre ou contexte à préciser) corrigé (valeur à remplacer) ou non tranché.
Limites à garder en tête
- Des périmètres non homogènes. Prélèvement et consommation sont souvent confondus dans le débat public, alors qu'ils diffèrent d'un facteur 1,5 à 2 chez les hyperscalers et de plusieurs ordres de grandeur pour les estimations mondiales (AIE en consommation, ONU-INWEH et certaines études en prélèvement).
- L'eau indirecte est le grand absent des chiffres officiels. Elle représente pourtant plusieurs fois l'eau directe (facteur 8 à 12 sur le périmètre américain selon les études).
- Des données d'entreprise déclaratives. Parfois auditées (Deloitte pour Microsoft, Ernst & Young pour Meta, Apave pour OVHcloud), mais sans norme de calcul unique : les WUE ne sont pas directement comparables entre acteurs (catégories ISO différentes, base brute ou nette).
- Des conversions et arrondis. Les gallons US ont été convertis à 3,785 L ; les arrondis des sources primaires introduisent de petits écarts résiduels.
- Des comparateurs piégeux. Les équivalences avec le bœuf ou le jean mélangent eau verte et eau bleue et reposent sur des méthodologies anciennes (2006-2012), sans mise à jour récente équivalente.
- Des liens vivants. Les URL citées ont été vérifiées au 17 juillet 2026 ; certaines (PDF d'entreprise notamment) peuvent changer d'adresse.
13.Bibliographie : les 25 sources clés
- AIE, Energy and AI, 10 avril 2025.
- AIE, Key Questions on Energy and AI, 16 avril 2026.
- Lawrence Berkeley National Laboratory, 2024 United States Data Center Energy Usage Report, décembre 2024.
- Google, 2026 Environmental Report, 30 juin 2026.
- Microsoft, 2026 Environmental Data Fact Sheet (revue Deloitte & Touche), 9 juillet 2026.
- Meta, 2025 Environmental Data Index (exercice 2024, revue Ernst & Young), 12 septembre 2025.
- Amazon, Amazon's data centers are 7x more water-efficient than the industry average, 11 juin 2026.
- TSMC, 2025 Annual Report, chapitre 7 (Corporate Sustainability), 2026.
- Li, Yang, Islam, Ren, Making AI Less Thirsty, arXiv/Communications of the ACM, version 5, mars 2025.
- Mistral AI, Our contribution to a global environmental standard for AI, 22 juillet 2025.
- Sam Altman, The Gentle Singularity, 10 juin 2025.
- Google, Measuring the Environmental Impact of Delivering AI at Google Scale, août 2025.
- FAO, AQUASTAT water data snapshot 2025, 2025.
- Arcep, Enquête annuelle « Pour un numérique soutenable », édition 2026, 21 mai 2026.
- Mekonnen & Hoekstra, A Global Assessment of the Water Footprint of Farm Animal Products, Ecosystems, 2012.
- Xylem / Global Water Intelligence, AI's Water Demand to Surge Nearly 130% by 2050, 14 janvier 2026.
- UNU-INWEH, Environmental Cost of AI's Energy Use, 3 juin 2026.
- Sameer H. Shah, Four water insecurity concerns about datacenters driving the AI revolution, PLOS Water, 13 janvier 2026.
- The Washington Post, AI is an energy and water hog, 24 juin 2026.
- AWS, AWS activates Project Rainier, 29 octobre 2025.
- Oracle, Environmental and Social Impact FY25 Datasheet, février 2026.
- SDES (ministère de la Transition écologique), Prélèvements de ressources naturelles en France, état des connaissances en 2025, 6 mars 2026.
- USDA Foreign Agricultural Service, Taiwan Drought Results in Rice Area Reduction and Crop Loss, 10 juin 2021.
- Ceres, Drained by Data, 23 septembre 2025.
- Privette, Barros, Cai, Data Centers Water Footprint: The Need for More Transparency, AGU Advances, 2026.